Impacts du pont-chaussée de la Petitcodiac

Construction du Pont chaussée en 1967

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Photo aérienne de 1967 montrant le pont-chaussée sur la rivière Petitcodiac en voie de construction : le barrage long d’environ 500 m, du côté de Moncton, et l’ossature des vannes sur la terre ferme à Riverview. En aval, les dépôts sédimentaires qui longent déjà la rivière indiquent l’emplacement d’ un lieu d’enfouissement de Moncton. En amont, on rencontre des dépôts de sédiments et de cailloux.L’ouverture de 215 mètres (700 pi) dans le pont-chaussée produit un écart de 0,3 mètre (1 pi) entre les niveaux de marée, ce qui laisse supposer qu’une ouverture légèrement plus large assurera à la marée son plein débit et un échange complet de l’eau (c.-à-d. un écart nul entre les marées). Une ouverture de 250 m est à l’étude. Cette photo de 1967 fournit un modèle prédictif utile des effets de la restauration de la marée complète dans la rivière Petitcodiac.

 

Biodiversité et écosystème

Le barrage-chaussée constitue une barrière physique qui entrave le passage et la migration du poisson sur environ la moitié des 3000 km2 du système fluvial Petitcodiac. Le barrage-chaussée a été construit avec très peu de soucis pour l’écologie et sans se préoccuper de la protection d’un des estuaires à grande marées les plus importants au Canada. Une partie de la vie aquatique et des habitats estuariens ont été profondément affectés par la construction du barrage-chaussée sur la rivière Petitcodiac. Dans les années suivant la construction, la population de poissons anadromes a diminué de façon draconienne dans le système fluvial. Des stocks entiers d’espèces indigènes de la rivière Petitcodiac sont disparus du système entre 1985 et 1995.

Migration du poisson

Le projet du barrage-chaussée a immédiatement affecté la migration du poisson en raison de l’activité de construction et de l’accumulation de sédiments. La migration du poisson anadrome comme le saumon de l’Atlantique exige un flux d’eau douce (flux d’attraction) afin de stimuler le mouvement en amont. Le barrage-chaussée a entravé ce flux et a créé une barrière physique pour le poisson migrateur. Des passes à poisson ont été construites dans le but de créer ce flux d’attraction d’eau et pour permettre le passage en amont du poisson. La sédimentation abondante qui dissipait le flux d’attraction et les très hautes marées de l’estuaire sont les principales causes de l’inefficacité du système de passe à poisson.

Avant la construction du barrage-chaussée, on évaluait les montaisons annuelles de saumon de 2 000 à 3 000. De 1969 à 1972, le nombre de saumons adultes entrant dans la rivière était de 140, 345, 895 et 468 pour chaque année respective. Avant 1968, les montaisons de l’alose dans la Petitcodiac ont été évaluées à plus de 50000 à 75 000 poissons annuellement. En 1972, on a compté seulement 19 aloses à l’échelle à poisson du barrage-chaussée. En 1979, les scientifiques de Pêches et Océans Canada recommandaient l’enlèvement complet des portes du barrages-chaussée comme étant « le meilleur moyen d’assurer le passage du poisson au barrage-chaussée ».

Les espèces qui ont été éliminées en raison de la construction du barrage-chaussée incluent : le saumon de l’Atlantique (sans compter l’approvisionnement), l’alose savoureuse (gatte), le poulamon de l’Atlantique et le bar rayé. Les espèces dont la population a été réduite de façon significative incluent la truite de mer et l’éperlan arc-en-ciel.

Espèces disparues : L’alasmidonte naine (Dwarf Wedgemussel)

Le drainage fluvial de la Petitcodiac était le seul emplacement enregistré pour l’alasmidonte naine au Canada et était un des deux seuls endroits où elle était considéré comme une espèce commune (l’autre était le système de la rivière Connecticut). L’alasmidonte naine produit une étape larvaire parasite qui doit s’attacher à un poisson hôte pendant une période courte de son cycle de vie. Il est très probable que l’extermination du poisson hôte par le barrage-chaussée est la cause de l’extirpation de l’alasmidonte naine dans le système fluvial Petitcodiac. L’alose savoureuse, qui est disparue presqu’immédiatement après la construction du barrage-chaussée, était le candidat le plus probable comme hôte de cette espèce unique.

Les constructions de barrages qui ont extirpé les poissons hôtes ont été associées au déclin de l’alasmidonte naine ailleurs. Aux Etats-Unis, l’alasmidonte naine est extirpée de tous sauf 20 des 70 emplacements connus et est inscrite comme espèce en voie de disparition. En avril 1999, l’espèce a été classifiée comme « extirpée du Canada » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Dépôt de sédiments

La sédimentation massive a eu lieu tant en amont qu’en aval pendant et immédiatement après la construction de la structure du barrage-chaussée.

On évalue à 10 millions de mètres cubes le sédiment qui s’est accumulé sur 4,7 km de rivière au-dessous du barrage-chaussée, dans les trois premières années (Bray et . 1982). Cette sédimentation massive était beaucoup plus importante que ce qui était prévu par les concepteurs du barrage-chaussée. Une grande vasière a commencé à se former sur le côté aval du barrage-chaussée même avant que la construction ne soit complètée. Cette vasière couvrait plus de 400 hectares (1000 acres) en 1997 (Harvey, 1997). La sédimentation est devenue si dense qu’environ 15 % d’un ancien site d’enfouissement situé sur la rive de la rivière Petitcodiac à Moncton, directement à côté du barrage-chaussée, s’étend maintenant sur la vasière.

Les dépots de sédiments en aval avaient élevé le lit de la rivière de 3 à 3,7 m avant 1979. L’arrêt de la marée montante au barrage-chaussée a causé une sédimentation abondante en aval du barrage-chaussée. Cela a réduit la largeur de la rivière à côté du barrage-chaussée de 92 % (de 1 km en 1968 à 80 m en 1998, Naegel et Harvey, 1998). Les effets sont aussi évidents au Parc du mascaret où les dépôts de sédiments ont réduit la largeur de la rivière de 1,6 km avant 1968 à 120 mètres en 1998.

En amont, la sédimentation est d’une part causée par l’afflux d’eau salée par l’échelle à poisson et, quand la marée est plus haute que le niveau du réservoir, par la fuite d’eau salée provenant des passes. Jusqu’à 3.7 à 4.3 m de vase s’étaient accumulés dans le réservoir ou « lac » dans les dix premières années de l’existence du barrage-chaussée, représentant 10 % de son volume. Une fois que ces sédiments entrent dans le réservoir, ils n’ont pratiquement aucune façon de retourner en aval et, par conséquent, ils s’accumulent continuellement sur le lit. Si rien n’est fait on estime que le réservoir deviendra un marais d’eau douce dans quelques décennies.

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