« Ma rivière » est une série de billets de blogue présentant l’importance de la rivière Petitcodiac pour les résidents de la région, qui nous disent ce qu’ils aiment au sujet de la rivière et décrivent son impact sur leur vie.

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Edmund Redfield étudie les stocks de poissons dans la rivière Petitcodiac et contribue au rétablissement des saumons.

Texte : Nathalie Landry
Corrections : Monique Arsenault
Photos et vidéo : Georges Brun, Marco Morency
Musique : Phil Flowers

La plupart des gens ne savent pas que les eaux brunes de la rivière Petitcodiac regorgent de poissons et de vie aquatique. Depuis l’ouverture des écluses de la structure de contrôle des marées du pont-chaussée, les stocks de poissons s’améliorent progressivement, en partie parce qu’ils sont maintenant en mesure de se frayer un passage adéquat et en partie grâce aux efforts d’ensemencement menés par l’Alliance du bassin versant de la Petitcodiac, Sentinelles Petitcodiac et la Première nation Fort Folly.

Edmund Redfield connaît probablement mieux que quiconque la situation actuelle quant aux espèces de poissons présents dans la rivière. Après avoir obtenu une maîtrise en restauration de l’écologie de l’Université de l’Alberta, il a choisi de s’installer à Moncton. Il a vite mis ses connaissances au profit des efforts de rétablissement des stocks de poisson dans la rivière menés par la Première nation Fort Folly. Il a aussi donné un coup de main à de nombreuses initiatives de Sentinelles Petitcodiac, telles que le projet de restauration du ruisseau Humphreys.

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« Beaucoup de gens ont quitté le Nouveau-Brunswick pour aller en Alberta et me voilà qui allait dans l’autre sens », lance-t-il. « Mais il existe de nombreuses possibilités ici que les gens ignorent souvent. »

Edmund en est maintenant à sa 4e année comme gestionnaire de la trappe à poisson de la coalition de rétablissement des poissons du Petitcodiac qui, depuis 5 saisons, documente la présence et l’absence ainsi que le nombre de différentes espèces de poissons. La trappe est située dans le chenal principal de la rivière Petitcodiac, en amont du pont de Salisbury. Edmund donne un coup de main également aux opérations de la roue de saumoneaux de Fort Folly, conçue pour capturer quelques saumons juvéniles qui migrent vers la mer pour la première fois au printemps, permettant ainsi aux scientifiques de recueillir des données et de les étudier. Des saumoneaux y sont aussi prélevés afin d’aider à réintroduire l’espèce et certains poissons sont étiquetés afin qu’ils puissent être suivis pour aider à surveiller leur population. Edmund a ainsi vu de première main comment l’évolution de la rivière depuis l’ouverture des écluses du pont-chaussée a eu un impact sur les espèces aquatiques.

« Nous surveillons le mouvement des poissons dans le cours supérieur de la rivière. Beaucoup d’espèces ont augmenté en nombre. Par exemple,  en 2010, l’année où ils ont ouvert les écluses, nous n’avions trouvé aucun bar rayé dans nos filets. En 2011, nous en avons compté 158 et en 2012, 706. Le poulamon est un autre exemple. Je n’en ai compté qu’un seul en 2010. L’année suivante, nous en avons compté 1 316, puis 3 000 en 2013. C’est une espèce qui, pendant de nombreuses années avant l’ouverture des écluses, avait complètement disparu de la partie supérieure de la rivière. »

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Bar rayé

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Poulamon

Une des espèces les plus nombreuses dans la rivière est sans doute le gaspareau. Difficile de l’imaginer, mais Redfield raconte que la trappe à poisson en a déjà capturé plus de 40 000 en une seule journée lors de la période de reproduction.

« Nous voyons aussi les espèces envahissantes et non indigènes diminuer, maintenant que la rivière a commencé à réinstaurer son passage naturel. Les pêcheurs avaient introduit l’achigan à petite bouche dans l’endroit où il y avait autrefois le lac Petitcodiac. Depuis l’ouverture des portes des écluses en 2010, leur nombre a diminué chaque année et enn 2013, nous n’en avons pas attrapé un seul. Il est un peu trop tôt pour dire que l’achigan à petite bouche a complètement disparu de la rivière, mais nous pouvons constater que cela est en bonne voie de se réaliser. Depuis que les marées reprennent leur ampleur, la rivière n’est plus un environnement favorable pour cette espèce, et puisqu’il s’agit d’un concurrent (et dans certains cas, d’un prédateur) de plusieurs espèces indigènes, personne ne va se plaindre du fait que l’achigan à petite bouche est en train de disparaître. »

L’espèce la plus populaire, celle que les gens aimeraient voir à nouveau dans la rivière, bien entendu, c’est le fameux saumon de l’Atlantique, qui, autrefois, abondait dans ce cours d’eau. « J’ai entendu plusieurs histoires de gens qui pêchaient le saumon de l’Atlantique dans la rivière Petitcodiac. Malheureusement, les stocks de saumons de l’Atlantique étaient déjà en déclin même avant que l’on ne construise le pont-chaussée, en raison de la surpêche et d’autres facteurs. En collaboration avec le ministère des Pêches et Océans, nous sommes en train de peupler la rivière de saumon et j’espère qu’un jour, nous aurons à nouveau une population en bonne santé qui pourra s’autoperpétuer. En plus des saumoneaux, nous avons aussi relâché dans la rivière des saumons adultes pendant la saison du frai, et nous avons trouvé des nids de frai dans le lit de la rivière, indiquant qu’ils se sont reproduits avec succès. Nous suivons de près leur progéniture avec l’électropêche. Malheureusement, jusqu’à présent, les seuls saumons que nous voyons sont ceux que nous avons mis dans la rivière, soit comme saumoneaux ou comme adultes prêts à frayer (et leur progéniture). Ce sera une très grande nouvelle le jour où nous attraperons un saumon adulte dans notre trappe à poisson, alors qu’il se rend en amont pour frayer à l’automne, parce que ce sera un exemple d’un saumon qui est entré dans la rivière tout seul, plutôt qu’avec notre aide. Il s’agira d’un très bon signe de rétablissement. »

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Saumon de l’Atlantique 

En plus de sa fascination envers les espèces aquatiques, Edmund est très connaisseur de la flore qui entoure la rivière. Il attend en ce moment la publication de son premier livre – un guide de terrain identifiant les plantes indigènes et non indigènes du Canada atlantique. L’ouvrage présente plus de 150 espèces de plantes. Il espère aider les gens à apprendre davantage sur la flore qui les entoure. « Les gens se soucient plus de choses qu’ils connaissent. Lorsque vous en savez plus sur une chose naturelle comme une plante, vous voulez la protéger.»

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Pourquoi la rivière est-elle si importante pour lui ?

« Je suppose que j’ai toujours eu une fascination envers l’eau, surtout l’eau en mouvement. J’habite à Pré-d’en-Haut et j’ai une très belle vue sur la rivière. J’ai vu le mascaret devenir plus grand, la rivière devenir plus large et j’y vois des signes que la rivière devient plus saine. Mon beau-père avait l’habitude de pêcher dans cette rivière et un jour, j’aimerais qu’il y ait suffisamment de populations saines de poisson pour que mon fils puisse y pêcher, tout comme son grand-père. »

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