« Ma rivière » est une série de billets de blogue présentant l’importance de la rivière Petitcodiac pour les résidents de la région, qui nous disent ce qu’ils aiment au sujet de la rivière et décrivent son impact sur leur vie.

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Georges Brun : un bénévole dévoué de Sentinelles Petitcodiac dont le travail vise à protéger la rivière.

Texte : Nathalie Landry
Correction : Monique Arsenault

Photos et vidéo : Nathalie Landry, Georges Brun, Mario Cyr, Brian Branch
Musique : Rocket Culture

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Vous l’avez peut-être vu errer le long des berges de la rivière Petitcodiac, prendre des photos, avec son goretex, ses lunettes fumées et sa casquette. Vous vous êtes peut-être demandé de qui il s’agit, qu’est-ce qu’il documente, et pourquoi une personne voudrait s’aventurer si près de la rivière, surtout en hiver, quand il fait si froid. En effet, Georges Brun est depuis longtemps un bénévole dévoué des Sentinelles Petitcodiac. Il est passionné de la rivière et la connaît de plus en plus à chaque sortie.  Patrouilleur officiel pour les Sentinelles Petitcodiac, il s’engage à observer et à documenter la rivière et tout ce qui se passe près d’elle afin de dissuader les pollueurs potentiels et d’assurer que la santé de la rivière puisse continuer à s’améliorer.

Un fier résident de Moncton depuis sa naissance, Georges a grandi dans le vieux quartier de Parkton et a étudié à l’Université de Moncton. Grand amateur de plein air, il a même étudié les techniques de gestion de l’eau et il a été l’un des principaux acteurs du mouvement pour mettre de la pression sur la province afin d’ouvrir les écluses du pont-chaussée en 2010. Il demeure l’un des plus grands défenseurs de la rivière.

« J’avais 4 ou 5 ans la première fois que j’ai vu le mascaret. Ça a eu grand impact sur moi. La rivière est vraiment un emblème culturel pour notre région. J’ai toujours été un peu environnementaliste. Dans le passé, nous avons très mal géré nos cours d’eau. Par exemple, je me souviens de l’époque où les égouts se vidaient dans divers ruisseaux de la région. J’étais très inquiet quand ils ont construit le pont-chaussée, je savais que cela ne serait pas bon pour la rivière. »

Soucieux de la qualité de l’eau, Georges fut l’un des membres fondateurs de l’Alliance du bassin versant de la Petitcodiac en 1996. Le groupe a mis en place plus de 40 stations de surveillance de la qualité de l’eau douce et salée dans les bassins des rivières Petitcodiac et Memramcook. Ses connaissances ont fait de lui un allié de Daniel LeBlanc ainsi que d’autres gens partageant les mêmes préoccupations environnementales, qui ont formé l’organisme Sentinelles Petitcodiac Riverkeeper en 1999 afin de mener à bien les efforts de restauration et de protection de la rivière Petitcodiac. Il se souvient à quel point la situation était alarmante.

« Les stocks de poissons étaient en baisse. Les saumons ne pouvaient plus continuer leur parcours migratoire en raison du barrage, et donc les pêcheurs à Salisbury avaient commencé à remarquer qu’il n’y avait plus de poissons dans leur région. Chaque année, la rivière devenait de plus en plus étroite, car le barrage arrêtait le processus naturel d’érosion de la boue par les marées. À un moment donné, j’ai pris une photo d’un groupe de hérons dans la rivière près de la structure de contrôle des marées. Le chenal de la rivière était si étroit et si peu profond à cet endroit-là qu’ils étaient presque coincés dans la boue. C’était effrayant de voir à quel point le niveau de l’eau était rendu bas. Et le mascaret était devenu, comme vous le savez, si minuscule que les gens l’appelaient le total bore. »

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Le chenal de la rivière Petitcodiac était devenu très étroit et peu profond, surtout à marée basse.
(Photo prise en 2001.)

Georges a commencé à documenter tout cela il y a bien longtemps et ses photos montrent bien l’évolution de la rivière. Il est heureux de voir la rivière retrouver sa splendeur depuis l’ouverture des écluses. Les gens ne réalisent pas qu’elle maintient un important écosystème, dit-il.

« Je vois beaucoup d’animaux près de la rivière : des cerfs, des renards, des castors, des tortues, toutes sortes d’oiseaux et de nombreuses espèces de poissons. Puis, les marées sont importantes pour le climat de la région. Dans le passé, quand j’étais enfant, il y avait souvent du brouillard. L’eau froide a un effet de refroidissement sur la région lors des soirées chaudes de l’été. On commence maintenant à voir plus de brouillard à nouveau, car la rivière a retrouvé un peu de son écoulement naturel. La rivière érode lentement ses berges et elle devient ainsi plus large comme auparavant. Je vois aussi les gens aimer et apprécier la rivière beaucoup plus. »

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Il nous avertit néanmoins qu’aussi longtemps que le pont-chaussée restera en place, la structure de contrôle des marées empêchera l’écoulement naturel au complet de la rivière. Si l’ampleur du mascaret n’arrive toujours pas à se propager de l’autre côté des écluses de la structure de contrôle, la rivière risque de continuer à devenir plus étroite là où il y avait le lac artificiel.

De plus, la pollution et le développement urbain risquent de nuire à l’état actuel de la rivière.

« Il y a toujours ceux qui privilégient le développement à tout prix. Lorsque le pont-chaussée a été construit, la rivière est devenue plus étroite, et nous avons sous-estimé nos limites quant aux ouvrages de construction. Maintenant que la rivière retrouve son écoulement naturel et devient plus large, j’espère qu’on va en tirer une leçon et réaliser l’importance de respecter la nature quand on décide de construire des bâtiments, des routes et des égouts. Bien que les bénévoles comme moi et des gens comme Terry Hebert, Roger Dubois et Ernest Arsenault, qui se soucient de la rivière, fasse de la surveillance et travaillent sur des projets de restauration, nous ne pouvons pas être partout à la fois et nous ne pouvons pas toujours arrêter des projets  immobiliers qui ont des impacts négatifs. »

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Georges Brun a pris plusieurs photos d’animaux dans la rivière et le long de ses berges, comme cet harfang des neige, grand corbeau et renard roux (hiver 2014).

Il demeure cependant optimiste. « Mon but est d’alerter les gens à ce qui se passe, de dissuader les pollueurs potentiels et contrer le développement urbain qui ne respecte pas nos cours d’eau. Je veux aussi que les écluses restent ouvertes et qu’un jour, l’on puisse remplacer la structure de contrôle et le chemin par un pont afin de permettre à notre précieuse rivière de vraiment retrouver sa gloire d’antan. »

Georges Brun fera état de la santé de la rivière Petitcodiac dans son blogue mensuel du patrouilleur : http://petitcodiac.org/blogue-du-patrouilleur/?lang=fr. Restez aux aguets pour sa première publication le 17 mars 2014 !

 

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