CAMPAGNES POUR LA RESTAURATION DE LA RIVIÈRE (1999 – 2010)

Les Sentinelles Petitcodiac ont été créées en 1999 avec le mandat de renverser l’énorme dévastation écologique, économique et sociale causée par le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac. Les Sentinelles ont mis en œuvre une série d’actions innovatrices en matière de communication environnementale et d’application de la loi environnementale. Ces efforts ont mené à l’ouverture des vannes du pont-chaussée de la rivière Petitcodiac en avril 2010, marquant ainsi la fin de la plus longue bataille environnementale au Canada et le début du plus grand projet de restauration de rivière en Amérique du Nord.  Voici un aperçu des grandes campagnes et actions menées par les Sentinelles qui ont abouti à l’ouverture des vannes du pont-chaussée.

  • Lancement du projet Sentinelles (18 février 1999)
  • Travail médiatique (février 1999 – 2010)
  • Nom et logo français des Sentinelles (juillet 1999)
  • Site web Petitcodiac.org (septembre 1999)
  • Inventaire du patrimoine fluvial (décembre 1999)
  • Avis juridiques sur le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac (décembre 1999)
  • Document de discussion sur les options de restauration, pont-chaussée de la Petitcodiac (mars 2000)
  • Collage de photos aériennes (mars 2000)
  • Déclaration sur les rivières (mai 2000)
  • Résolutions municipales pour soutenir la restauration des rivières (mai 2000 – novembre 2005)
  • Action en justice contre le ministère des Pêches et des Océans (juin 2000)
  • No. 97 – Un aperçu de 96 rapports sur la rivière Petitcodiac (1961 – 2000), 74 pages (juin, 2000)
  • Sondages d’opinion publique (septembre 2000)
  • Financement par des fondations privées (octobre 2000)
  • Soumission à la révision Niles (janvier 2001)
  • Recherche sur le Mascaret (février 2001)
  • Quatre générations de militants luttant pour rétablir la libre circulation (mars 2001)
  • Bureau de rue (mai 2001)
  • Violation de la zone humide de Riverview (août 2001)
  • Riverkeeper Legal Challenge, Environmental Assessment (septembre 2001)
  • Statut d’organisme de bienfaisance enregistré au Canada (novembre 2001)
  • Campagne de porte-à-porte (novembre 2001)
  • T-shirts “I Love the Chocolate River” (décembre 2001)
  • Vidéo sur la rivière Petitcodiac (février 2002)
  • Présentations aux écoles publiques et aux groupes communautaires (février 2002)
  • Boycott de l’évaluation environnementale et alerte d’action nationale (printemps 2002)
  • Campagne sur les espèces de poissons envahissantes (avril 2002)
  • Représentations fluviales (mai 2002)
  • Mémoire juridique sur le pont-chaussée de la Petitcodiac (novembre 2002)
  • Mise en réseau des communautés d’entreprises (novembre 2002)
  • Prix de la rivière Petitcodiac (janvier 2003)
  • Liste des 10 pires pollueurs (janvier 2003)
  • Campagnes d’enquêtes politiques (mai 2003)
  • Kayaks des Sentinelles et excursions sur les rivières historiques (juin 2003)
  • Désignation de la rivière la plus menacée du Canada (juillet 2003)
  • Evaluation environnementale sur l’avenir de la Petitcodiac (avril 2004)
  • Série Renaissance – 1 (avril 2004)
  • Événement Robert F. Kennedy (avril 2004)
  • Série Renaissance – 2 (avril 2004)
  • Déclarations sous serment des pêcheurs (mai 2004)
  • Série Renaissance – 3 (juin 2004)
  • Série Renaissance – 4 (juillet 2004)
  • Projet de conservation des terres et d’accès aux rivières (septembre 2004)
  • Commémoration de la bataille de la Petitcodiac (septembre 2005)
  • Rapport final de l’évaluation des incidences sur l’environnement (octobre 2005)
  • Rise Again, Petitcodiac (novembre 2005)
  • Affiche sur les espèces marines (novembre 2005)
  • Promesse électorale de restaurer la Petitcodiac (août 2006)
  • Requête devant la Cour Mandamus (juin 2007)
  • Colonnes spéciales, ouverture des vannes du pont-chaussée Petitcodiac (14 avril 2010)

Lancement de Sentinelles (18 février 1999)

Lancement de Sentinelles Petitcodiac au village de Petitcodiac, au Nouveau-Brunswick, en amont du système de rivière. Deux Sentinelles bénévoles sont nommées – Gary Griffin, anglophone et Daniel LeBlanc, francophone. (En janvier 2000, Daniel LeBlanc assume le rôle de Sentinelle unique et est nommé directeur exécutif de l’organisation). Un concours est lancé pour trouver un nom français pour “Riverkeeper”. Trois priorités initiales sont identifiées : assurer le passage du poisson au pont-chaussée de la Petitcodiac, veiller à ce qu’aucune pollution ne se déverse de l’ancien site d’enfouissement riverain et améliorer le traitement des effluents à la station d’épuration des eaux usées du Grand Moncton. En juin 1999, Robert F. Kennedy, Jr. assiste au baptême du premier bateau de patrouille des Sentinelles Petitcodiac au vieux quai de Moncton devant une foule nombreuse qui s’est massée le long de la rivière. Une conférence est donnée par M. Kennedy lors d’un petit déjeuner qui réunit plus de 150 personnes de la communauté.

Travail médiatique (février, 1999 – 2010)

Sur une période de 11 ans, Sentinelles Petitcodiac rédige plus de 100 communiqués de presse en anglais et en français, des dizaines de chroniques et de lettres à l’éditeur et accorde plus de 500 entrevues aux médias pour appuyer la cause de la rivière Petitcodiac. Pendant cette période, l’organisation a connu une moyenne de 10 à 15 visites médiatiques par mois (radio, presse écrite, télévision) et est devenue une entité publique bien connue et respectée des communautés locales, des médias, des élus et des fonctionnaires.

Nom et logo français des Sentinelles (juillet 1999)

En juillet, un équivalent français de la marque internationale “Sentinelle” est trouvé (Sentinelle) et le logo distinct des Sentinelles Petitcodiac est produit (créé par le graphiste Brian Branch). Les deux marques (le nom “Sentinelle” et le logo des Sentinelles Petitcodiac) ont rapidement acquis et continuent de jouir d’une notoriété locale. La marque française “Sentinelle” a également permis de mieux intégrer les valeurs du mouvement des Sentinelles (application de la loi) dans la culture générale des Canadiens français (Acadiens).

Site web Petitcodiac.org (septembre 1999)

Il a fait des recherches, rédigé le contenu et dirigé la création du premier site Web des Sentinelles Petitcodiac, qui a été mis en ligne en septembre 1999. De nombreuses nouvelles campagnes et sections ont été ajoutées au fil des ans avec l’aide d’étudiants d’été (section sur la campagne du pont-chaussée, section sur les valeurs du patrimoine naturel et culturel, section sur le mascaret, section sur la pollution toxique, atlas des rivières, section sur les barrages abandonnés, archives de nouvelles, rapports annuels, publications, etc.)

Inventaire du patrimoine fluvial (décembre 1999)

En 1999, les Sentinelles ont lancé et dirigé un exercice exhaustif visant à ressusciter et à promouvoir le riche patrimoine naturel et culturel de l’estuaire de la rivière Petitcodiac et de la baie de Shepody, situé à la tête de la baie de Fundy. Recherche et rédaction d’un rapport de présélection détaillé pour la nomination de la Petitcodiac comme rivière du patrimoine canadien. Mise en place et facilitation du travail du Comité du patrimoine de la rivière Petitcodiac, composé d’historiens locaux, d’un chef des Premières nations, de fonctionnaires provinciaux et fédéraux et de bénévoles des Sentinelles.

Le rapport, soumis à la Commission des rivières du patrimoine canadien, a identifié neuf valeurs naturelles uniques du système fluvial (y compris les vasières intertidales de la baie de Shepody – un sanctuaire international de la Convention de Ramsar, la convergence annuelle de 2 millions de bécasseaux semipalmés et de toute la population d’aloses savoureuses de la côte est vers la baie de Shepody/embouchure de la Petitcodiac, la seule présence documentée au Canada de la rare alasmidonte naine et du mascaret de la Petitcodiac de renommée mondiale), ainsi que neuf valeurs humaines ou culturelles uniques (dont les voies de transport autochtones historiques – routes fluviales et routes de portage terrestre, le système de digues acadiennes, la bataille de la Petitcodiac d’août 1755, les industries de la construction navale et des carrières de roches). La Commission des rivières du patrimoine canadien a choisi de reporter toute décision future sur cette désignation jusqu’à ce que le pont-chaussée de la Petitcodiac et d’autres problèmes majeurs de pollution soient résolus. Cette recherche a cependant permis aux Sentinelles de construire une base solide du patrimoine fluvial qui sera par la suite largement communiquée et qui est encore largement référencée aujourd’hui (i.e. Wikipedia, Réserve de la biosphère de l’UNESCO Upper Fundy – désignée en 2007, dont 70 pour cent comprend la rivière Petitcodiac/estuaire de la baie de Shepody).

Avis juridiques sur le pont-jetée Petitcodiac (décembre 1999)

Inspirées par les preuves juridiques et scientifiques recueillies par Gary Griffin, un militant de longue date de la rivière, sur une période de 25 ans, les Sentinelles ont commandé deux avis juridiques distincts sur le pont-chaussée de la Petitcodiac. Les deux avis ont fait valoir que le pont-chaussée était en violation de la Loi fédérale sur les pêches, et ont recommandé que Sentinelles Petitcodiac entame des poursuites judiciaires dans les six prochains mois pour restaurer le passage du poisson au pont-chaussée. Plus de 20 000 documents ont été reçus du ministère fédéral des Pêches et des Océans par le biais d’une demande d’accès à l’information. La stratégie juridique recommandée a été estimée entre 250 000 et 400 000 dollars.

Document de discussion sur les options de restauration, pont-chaussée de la Petitcodiac (mars 2000)

Au début de l’année 2000, Sentinelles a fait des recherches, rédigé et publié son premier document d’orientation important concernant le pont-chaussée de la Petitcodiac, qui préconisait la restauration du “plein débit de la marée” (remplacer le pont-chaussée par un pont partiel), comme option future privilégiée pour se conformer aux dispositions sur le passage du poisson de la Loi fédérale sur les pêches. Nous avons consulté de nombreux experts universitaires, communautaires et gouvernementaux, dont Gary Griffin, défenseur de longue date de la restauration des rivières, pour parvenir à un consensus. Au cours des 30 années qui ont suivi, le mouvement de restauration de la Petitcodiac a surtout prôné l'”ouverture des vannes” du pont-chaussée. L’option du pont partiel était beaucoup plus coûteuse (et risquée), mais offrait une solution meilleure et plus permanente.

Collage de photos aériennes (mars 2000)

Pour coïncider avec la publication du document de travail, Sentinelles a dirigé la création d’un collage de photos aériennes qui est devenu un emblème visuel de la situation difficile pour sauver la rivière Petitcodiac, à l’échelle locale et internationale. La série, qui montrait la rivière dans son état original en 1954, telle qu’elle était alors (1996) et telle qu’elle serait une fois qu’un pont partiel serait construit, a été publiée sur 10 000 cartes postales largement distribuées dans le bassin versant, affichée sur un grand panneau d’affichage au centre-ville de Moncton et réimprimée dans les journaux régionaux et nationaux (tous les quotidiens du Nouveau-Brunswick, le Globe & Mail, l’Ottawa Citizen, le Halifax Chronicle, etc. Le fait que l’influence destructrice du pont-chaussée de la Petitcodiac puisse désormais être observée depuis l’espace est devenu un point de ralliement de la communauté.

Déclaration sur les rivières (mai 2000)

Les Sentinelles ont rédigé et dirigé la production de la Déclaration de la rivière Petitcodiac, en anglais, en français et en micmac, demandant à la province du Nouveau-Brunswick de restaurer le ” plein débit de la marée ” (pont partiel) sur la Petitcodiac. La Déclaration, insérée dans un livre sculpté sur cuivre spécialement créé par l’artiste Charles LeGresley, a été signée par plus de 5 000 personnes de la région, dont des étudiants, des artistes, des pêcheurs, des aînés, des gens d’affaires et des dirigeants municipaux.

Résolutions municipales pour soutenir la restauration des rivières (mai 2000 – novembre 2005)

Entre mai et août 2000, les Sentinelles ont rencontré les dix conseils municipaux qui composent le bassin versant de la Petitcodiac, afin d’obtenir leur soutien à la proposition de restauration du “plein débit de marée” (pont partiel) de la Petitcodiac. Au cours de l’été 2000, sept des dix municipalités ont voté en faveur de cette résolution, une a voté pour rester neutre et deux se sont opposées à ces plans. Certaines de ces réunions du conseil ont été le théâtre de débats acharnés, notamment à la ville de Moncton où une minorité d’opposants a réussi à faire dérailler le processus. Cette réunion du conseil municipal a été diffusée en direct sur une chaîne de télévision communautaire locale, et le soutien à la cause a commencé à augmenter. En 2005, neuf des dix municipalités du bassin versant avaient voté des résolutions pour soutenir la restauration du “plein débit de la marée” dans la rivière, y compris la ville de Moncton.

Action en justice contre le ministère des Pêches et des Océans (juin 2000)

En juin 2000, Sentinelles s’est rendu à Ottawa pour rencontrer le ministre fédéral des Pêches et des Océans (MPO), Herb Dhaliwal, et a donné suite à une lettre l’informant de l’intention de Sentinelles d’entamer une action en justice contre son ministère (MPO) pour 30 ans de non-respect de la Loi sur les pêches au pont-chaussée de la Petitcodiac. Une série de réunions a suivi, qui ont conduit le ministre à nommer un conseiller spécial (Eugene Niles – Niles Review) en août 2000 pour répondre aux préoccupations concernant le passage du poisson au pont-chaussée de la Petitcodiac.

No. 97 – Un aperçu de 96 rapports sur la rivière Petitcodiac (1961 – 2000), 74 pages (juin, 2000)

Au cours du même mois, Sentinelles Petitcodiac a publié un document énumérant 96 rapports officiels étudiant les effets du pont-chaussée sur la rivière Petitcodiac au cours des 40 dernières années. La légende du rapport se lit comme suit Petitcodiac – La rivière la plus étudiée au Canada, et s’inspire d’une bibliographie de ces rapports publiée par le MPO. En mars 2001, 36 rapports supplémentaires ont été ajoutés à cette liste, portant le total à 132. Le fait que la Petitcodiac était “étudiée à mort” est devenu une phrase d’accroche qui s’est répandue dans les médias, le public et parmi les décideurs.

Sondages d’opinion publique (septembre 2000)

En septembre 2000, Sentinelles a acheté une question dans le sondage trimestriel de Corporate Research Associates (CRA) Metro Moncton Quarterly Survey (une agence de sondage publique indépendante), afin de suivre le soutien à la restauration de la rivière Petitcodiac dans le bassin versant. Les résultats du sondage, tabulés sur un échantillon de 1000 répondants avec une marge d’erreur de 1,4%, ont montré une augmentation du soutien de 47% en 1998 à 58% en 2000. L’exercice sera répété par Sentinelles Petitcodiac en 2001 et 2004, où nous avons atteint un sommet de 83 % des personnes interrogées en faveur de la restauration de la rivière. Les résultats ont été communiqués et largement diffusés. Les preuves du soutien croissant de la communauté envers la rivière ont permis à Sentinelles de contrôler l’efficacité de ses campagnes et ont contribué à galvaniser le soutien politique qui serait finalement nécessaire pour reconquérir la rivière.

Financement par une fondation privée (octobre 2000)

A fait une demande et s’est déplacé pour rencontrer la Fondation Schad en Ontario, qui a accordé aux Sentinelles Petitcodiac sa première subvention, d’un montant de 25 000 $. Le Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick est devenu le sponsor fiscal de cette subvention, tandis que nous attendions des nouvelles sur notre désignation d’organisme de bienfaisance enregistré au Canada. Cette subvention a permis à l’organisme de payer son premier employé permanent (Daniel LeBlanc), qui occupait bénévolement les postes de Sentinelle et de directeur général à temps plein depuis le début de 1999.

Soumission à la révision Niles (janvier 2001)

En janvier 2001, Sentinelles a effectué des recherches et déposé une soumission détaillée de 18 pages au Niles Review, décrivant les implications de la loi sur la pêche sur les quatre options proposées dans son projet de rapport (action déclenchée par une entrée précédente – voir # 4). La soumission des Sentinelles soutenait que le “statu quo” était techniquement illégal sur la base de la disposition relative au passage du poisson telle que définie par la loi sur la pêche et des preuves scientifiques recueillies au cours des 30 dernières années, et que la seule option viable à long terme serait de rétablir le plein débit de la rivière (“pont partiel”, actuellement considéré comme une nouvelle option dans son rapport). M. Niles a soumis son rapport final au ministre des Pêches et des Océans en février 2001, déclarant que “le remplacement de la chaussée par un pont partiel” était probablement “l’option idéale” pour rétablir le libre écoulement au niveau de la chaussée, mais il a recommandé d’étudier également deux autres options : “Modifier la passe migratoire” et “Ouvrir définitivement les vannes de la chaussée”. En mars 2001, le ministre des Pêches et des Océans, Herb Dhaliwal, a répondu au rapport Niles en annonçant que le statu quo ne répondrait plus aux exigences légales de la loi sur les pêches pour le pont-chaussée de la Petitcodiac. Il a en outre invité la province du Nouveau-Brunswick à entreprendre rapidement une évaluation environnementale, en partenariat avec le gouvernement fédéral, afin de déterminer la solution idéale à long terme à ce problème.

Recherche sur le Mascaret (février 2001)

En février 2001, Sentinelles Petitcodiac a entrepris de “ressusciter” l’expérience du mascaret en produisant un rapport de 14 pages et une affiche éducative intitulée “250 ans d’anecdotes sur le mascaret de la rivière Petitcodiac”. La description du mascaret de la Petitcodiac faite par l’officier militaire français de Léry en 1750 est le plus ancien récit écrit sur le mascaret retracé au cours de cette recherche. Ce document est également le premier compte rendu détaillé du mascaret de la rivière Petitcodiac publié depuis plus de 50 ans. Cinq cents exemplaires de l’affiche ont été imprimés et distribués dans les écoles et les entreprises de la région. Une section sur le mascaret a également été créée sur le site Web des Sentinelles, qui présente les mascarets du monde entier. Le projet a permis aux habitants de la région d’apprendre pour la première fois que les surfeurs et les kayakistes profitent des rivières à marée sur tous les continents – aucune de ces activités n’existait localement avant le barrage-chaussée. Des chercheurs spécialisés dans les mascarets en Angleterre, en France, en Australie, aux États-Unis et en Nouvelle-Écosse ont été contactés et ont pris connaissance de notre histoire. Les surfeurs se sont même engagés à visiter la Petitcodiac une fois qu’elle serait restaurée.

Quatre générations de militants luttant pour rétablir la libre circulation (mars 2001)

Les Sentinelles ont organisé une séance de photos près du pont-chaussée de la Petitcodiac qui a réuni une élève militante du secondaire, Naomie Thériault (17 ans), la Sentinelle Daniel LeBlanc (38 ans), le militant de longue date Gary Griffin (56 ans) et le dernier agent des pêches à travailler sur la rivière Petitcodiac, Conrad Bleakney (81 ans). Le fait que la lutte pour sauver la rivière Petitcodiac, qui a commencé au milieu des années 60, était considérée comme la plus longue bataille environnementale au Canada, est rapidement devenu une phrase d’accroche dans les médias, le public et parmi les décideurs. (insérer photo)

Bureau de rue (mai 2001)

Mise en place et ouverture du premier bureau des Sentinelles Petitcodiac dans un endroit stratégique situé en face de l’hôtel de ville de Moncton, dans le quartier des affaires du centre-ville. Le nouveau logo des Sentinelles était bien visible dans les grandes vitrines de ce bâtiment historique, ainsi que la série de photos aériennes (1954, 1996, 200 ?) de la Petitcodiac et d’autres photos (mascaret, industrie de la construction navale à Moncton). Des centaines de personnes passent chaque jour devant ce bureau de rue. Pendant les huit années d’existence du bureau à cet endroit, on estime que des dizaines de milliers de personnes sont passées et/ou se sont arrêtées pour regarder les photos aériennes de la Petitcodiac.

Violation de la zone humide de Riverview (août 2001)

Lors d’une interview avec les médias à côté de la nouvelle marina de la ville de Riverview, construite pour promouvoir les valeurs récréatives du bassin artificiel, Sentinelle a découvert qu’une zone humide voisine était remplie par la municipalité à la veille d’une course de bateaux de régate. Le même jour, Sentinelles a déposé une plainte officielle auprès du ministère de l’environnement du Nouveau-Brunswick. Une enquête a eu lieu et la ville de Riverview a reçu l’ordre de restaurer la zone humide. La régate, par contre, un stratagème des adversaires de la rivière pour mettre en avant les vertus du bassin artificiel, est devenue un désastre financier qui ne s’est jamais répété.

Riverkeeper Legal Challenge, Environmental Assessment (septembre 2001)

Six mois se sont écoulés après la déclaration du ministre fédéral des Pêches et Océans (MPO) selon laquelle le pont-chaussée Petitcodiac ne répondait plus aux exigences légales de la Loi sur les pêches, sans que la province du Nouveau-Brunswick ne donne suite à cette déclaration. Fin septembre 2001, Sentinelles a annoncé son intention de poursuivre son action en justice contre le MPO pour avoir omis de contraindre la province à entreprendre l’évaluation environnementale (EE) qui permettrait le libre passage du poisson. Deux semaines après l’avis de Sentinelles, Ottawa a annoncé qu’il avait finalement conclu un accord avec la province du Nouveau-Brunswick pour entamer une évaluation environnementale de 3 ans et 3 millions de dollars sur la restauration du passage des poissons au niveau de la chaussée (le coût final serait de 5 millions de dollars). Sentinelles a informé le gouvernement fédéral qu’il suspendait son action en justice jusqu’à ce que les détails de cette étude soient publiés.

Statut d’organisme de bienfaisance enregistré au Canada (novembre 2001)

Après une période d’attente de 18 mois, Sentinelles Petitcodiac est devenue la première section de Waterkeeper au Canada et la première organisation environnementale du Grand Moncton à obtenir le statut d’organisme de bienfaisance enregistré au Canada. Par la suite, l’organisation a recueilli plus de 100 000 dollars par an pour soutenir son travail de restauration de la rivière Petitcodiac. La Kendall Foundation à Boston et la Fondation EJLB à Montréal sont devenues nos plus grands soutiens. Au cours des neuf années qui ont suivi, nous avons recueilli plus de 850 000 $ pour soutenir la cause. Le précédent créé par l’obtention par Sentinelles Petitcodiac de son statut d’organisme de bienfaisance enregistré a aidé d’autres sections de Sentinelles canadiennes dans les années qui ont suivi.

Campagne de porte-à-porte (novembre 2001)

Sentinelles a obtenu une subvention de 3 000 dollars (2 000 USD) de l’organisation américaine River Network pour élaborer une stratégie de recrutement de membres. L’organisation a engagé un consultant en recrutement de membres basé à Toronto (originaire de Moncton), a engagé un assistant administratif (notre deuxième employé), a créé une base de données de membres, a produit et imprimé 6000 brochures d’information et a développé une première campagne de porte-à-porte de membres qui a permis d’enrôler 200 nouveaux membres. Au cours des quatre années suivantes, ces campagnes de porte-à-porte se sont poursuivies et ont permis de recruter entre 100 et 200 nouveaux membres par an, pour un total de plus de 750 membres dans une communauté de 120 000 personnes. Plus de 15 000 foyers ont été visités au cours de cette campagne par l’équipe de démarcheurs, dirigée par l’artiste Jean-Marc Dugas, qui a distribué des dépliants faisant la promotion de l’organisation, des cartes postales représentant les photos aériennes de la rivière et a collecté des fonds pour notre cause.

T-shirts “I Love the Chocolate River” (décembre 2001)

Organisation de la première collecte de fonds réussie des Sentinelles Petitcodiac, un encan de Noël au profit de l’organisme, qui a permis de réaliser plus de 5 000 $ de ventes lors de son édition inaugurale, une bonne participation de la communauté et une visibilité pour l’organisme. Le “Père Noël de la rivière au chocolat” a même rendu visite au bureau des Sentinelles (dont on a parlé dans les journaux et à la télévision locale), pour aider l’organisation dans cet effort, une tradition qui s’est poursuivie pendant les quatre années suivantes. Les t-shirts “I Love the Chocolate River” ont été créés et dévoilés lors de cette première vente aux enchères de Noël et ont connu un succès immédiat. Des CD de musique de la rivière Pet-Kout-koy-ek ont été vendus et de nombreux artistes visuels parmi les plus renommés de la région ont fait don d’œuvres d’art (peintures, sculptures) pour la cause, en témoignage de la collaboration de longue date entre les Sentinelles et la communauté artistique et musicale locale.

Vidéo sur la rivière Petitcodiac (février 2002)

A reçu un généreux don de 20 000 $ d’une société cinématographique ontarienne, Soft Science, qui a été émue par l’histoire de la Petitcodiac. A aidé Soft Science à produire une vidéo de 15 minutes intitulée “La rivière Petitcodiac du Nouveau-Brunswick – Une quête de survie”. La vidéo, en français et en anglais, a été distribuée dans toutes les écoles de la région et a été présentée à des milliers d’étudiants, d’élus et de bailleurs de fonds potentiels. Elle dépeignait la lutte de la rivière Petitcodiac et livrait une histoire d’espoir pour l’avenir.

Présentations aux écoles publiques et aux groupes communautaires (février 2002)

Entre 1999 et 2010, Sentinelles Petitcodiac a rencontré et présenté les caractéristiques uniques du système de la rivière Petitcodiac et ses problèmes environnementaux à des milliers d’élèves du bassin versant, en visitant presque toutes les écoles du bassin. Préparation d’une trousse éducative sur la rivière Petitcodiac pour les écoles du bassin versant, qui comprend la vidéo éducative, des affiches et des cartes postales. La direction du district 1 (district scolaire français) a accepté le matériel avec enthousiasme et l’a envoyé à ses dix écoles. La direction du district 2 (district scolaire anglais), jugeant le sujet de la rivière Petitcodiac “trop controversé”, a décidé de ne pas soutenir l’initiative. La presse locale a spéculé que les opposants à la restauration ont influencé la décision. Entre 1999 et 2010, nous avons également fait des présentations à de nombreux groupes de services sociaux dans la communauté et avons régulièrement monté notre exposition au marché des fermiers local.

Boycott de l’évaluation environnementale et alerte d’action nationale (printemps 2002)

L’évaluation environnementale (EA) a finalement commencé en mars 2002. À la surprise générale, la province du Nouveau-Brunswick a annoncé son intention de réintroduire le statu quo comme option potentiellement viable dans le projet de lignes directrices de l’EE, une fois que cette étude serait terminée en 2005. Cette décision a placé Sentinelles dans une situation intenable. Lors d’une conférence de presse organisée le long de la rivière, Sentinelles a annoncé la décision difficile de devoir retirer son soutien au processus d’évaluation environnementale, jusqu’à ce que cette option illégale soit supprimée en tant que futur candidat. Pour illustrer l’état urgent et désespéré dans lequel la rivière était devenue, les Sentinelles ont tenté de lancer une boule de neige à travers le chenal gelé de la rivière, alors large d’à peine 80 mètres, alors qu’elle ne l’était que d’un kilomètre avant 1968. Par la suite, elle a organisé une alerte d’action régionale et nationale pour protester contre cette proposition. Après un tollé général, le gouvernement provincial a abandonné cette proposition et a accepté que le statu quo ne s’applique plus à l’avenir. Sentinelles a annoncé en mai qu’elle réintégrait le processus d’évaluation environnementale.

Campagne sur les espèces de poissons envahissantes (avril 2002)

Avec le célèbre pêcheur sportif à la mouche Bryant Freeman, Sentinelles a invité les médias à une expédition de pêche dans le bassin artificiel pour mettre en lumière la situation de plus en plus difficile des espèces de poissons envahissantes. Deux espèces de poissons envahissantes, à savoir l’achigan à petite bouche et le brochet maillé, ont été introduites illégalement dans le bassin artificiel (ancienne rivière Petitcodiac) au milieu des années 1980 par des habitants locaux qui voulaient créer une nouvelle pêche sportive. Les opposants à la restauration de la rivière ont organisé des tournois de pêche au fil des ans pour promouvoir cette cause, arguant que l’ouverture des portes du pont-chaussée aux marées d’eau salée de la baie de Fundy détruirait cette “nouvelle et florissante” pêche sportive. Les scientifiques du ministère fédéral des Pêches et des Océans, depuis longtemps indignés par ces tentatives de réaménagement de l’habitat des poissons de l’écosystème, ont eu l’occasion d’exprimer leurs préoccupations afin de mieux informer les pêcheurs sportifs et le public. Les organisateurs du tournoi de pêche ont ainsi fini par perdre de leur crédibilité aux yeux du public (ainsi que de quelques sponsors). Lorsque les portes du pont-chaussée ont finalement été ouvertes en avril 2010, la majorité de ces espèces envahissantes d’eau douce ont été éliminées avec la restauration du régime des marées, faisant place à la remarquable reconstitution des stocks de poissons indigènes de la rivière Petitcodiac.

Représentations fluviales (mai 2002)

En mai et juin, Sentinelles a organisé quatre spectacles sur la rivière dans le bassin versant (River Prayers), avec le célèbre danseur-chorégraphe Lee Saunders et un groupe de prière traditionnel autochtone de Big Cove (Première nation Elsipogtog). Les événements ont eu lieu dans les villages de Petitcodiac, Moncton et Memramcook (Beaumont). Plus de 100 personnes y ont participé. Quelques années plus tard, en 2005, a organisé une cérémonie du lever du soleil sur la rive de la Petitcodiac, dirigée par le leader autochtone Carlos Gomes et en partenariat avec le Festival littéraire Northrop Frye, qui a également été très fréquenté.

Mémoire juridique sur le pont-chaussée de la Petitcodiac (novembre 2002)

Un rapport de 80 pages sur la légalité du pont-chaussée de la Petitcodiac, rédigé par un étudiant en droit de l’université de Toronto, a été préparé avec l’aide de la société Lake Ontario Waterkeeper. Les conclusions de ce rapport et ses recommandations serviront de base à un plan d’urgence juridique qui sera mis en place si les gouvernements fédéral et provincial refusent d’agir dans cette affaire. La procédure judiciaire de demande de mandamus, déclenchée par les Sentinelles Petitcodiac en 2007, était largement basée sur cette stratégie.

Réseautage de la communauté d’affaires (novembre 2002)

Sentinelles a continué à développer des liens avec le milieu des affaires local en participant aux activités de réseautage de la Chambre de commerce du Grand Moncton. Envoi de lettres d’information à plus de 800 entreprises locales de la région du Grand Moncton pour solliciter leur appui en faveur de la restauration de la Petitcodiac. Augmenter notre soutien aux commandites d’entreprises ainsi que notre visibilité dans la communauté d’affaires du Grand Moncton.

Prix de la rivière Petitcodiac (janvier, 2003)

Création du Prix de la rivière Petitcodiac à la fin de 2002, décerné chaque année par les Sentinelles pour reconnaître les groupes, institutions ou individus qui ont contribué de façon significative à la protection et à la restauration de l’écosystème Petitcodiac. L’École Amirault, une école primaire de Dieppe, a remporté le premier prix annuel (2002) pour son programme d’un an pour tous les élèves (de la maternelle à la quatrième année) axé sur l’apprentissage des valeurs culturelles et naturelles de la rivière Petitcodiac. Parmi les gagnants ultérieurs du prix de la rivière Petitcodiac, on compte La Direction générale de l’application de la loi d’Environnement Canada (2003) – pour son rôle dans la résolution de deux cas de pollution en suspens, le site d’enfouissement et l’effluent textile ; et la communauté artistique (2004) – pour sa généreuse contribution à la cause de la rivière Petitcodiac au cours des dernières décennies.

Liste des 10 pires pollueurs (janvier 2003)

Depuis janvier 2003, Sentinelles a effectué des recherches et rédigé une liste et un rapport annuels des “10 pires pollueurs” du bassin hydrographique, une tradition qui se répète désormais tous les deux ans. Les trois principaux “pollueurs” identifiés sont tous des organismes gouvernementaux ou publics et comprennent la province du Nouveau-Brunswick (pont-chaussée de la Petitcodiac et autres ponts-chaussées du bassin versant), la Commission des eaux usées du Grand Moncton (traitement insuffisant des effluents à la station d’épuration des eaux usées) et la ville de Moncton (déversement d’effluents toxiques de son ancien site d’enfouissement en bordure de la rivière). Une description des problèmes de “pollution” ou de dégradation de l’environnement a été présentée et des solutions ont été identifiées. Chaque année suivante, la liste et le rapport permettent de suivre les progrès réalisés dans la résolution de ces problèmes.

Campagnes d’enquêtes politiques (mai 2003)

Sentinelles a conçu un questionnaire et mené une campagne intensive pour sonder tous les candidats locaux (dans neuf circonscriptions) et tous les partis politiques se présentant aux élections provinciales de 2003. À deux semaines de la fin de la campagne, les trois partis politiques (conservateurs, libéraux et NPD) se sont engagés à prendre des “mesures rapides” pour mettre en œuvre les résultats de l’évaluation de l’impact environnemental sur l’avenir de la rivière une fois qu’elle serait terminée en 2005. Les Sentinelles ont mené des enquêtes similaires lors de toutes les élections fédérales et provinciales ultérieures. Après de nombreuses tentatives au cours des sept années du gouvernement conservateur, Sentinelles n’a pas réussi à rencontrer le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord (qui était le député local de Moncton-Est) ou le ministre des Transports (le propriétaire du pont-chaussée Petitcodiac). Quatre des sept députés conservateurs locaux se sont opposés avec véhémence au projet de restauration, s’alignant ainsi sur le groupe d’opposition “Lake Preservation”. Cette période a également été marquée par d’énormes retards dans le démarrage et l’achèvement de l’évaluation de l’impact environnemental sur l’avenir du pont-chaussée. Le NPD et les libéraux, qui ont failli remporter les élections de mai 2003, étaient désireux de faire avancer le projet.

Kayaks des Sentinelles et excursions historiques sur la rivière (juin 2003)

Les Sentinelles ont célébré le premier événement de la Journée canadienne des rivières en organisant une excursion en canoë-kayak sur la rivière Petitcodiac à marée haute, allant du quai de Belliveau-Village à Hillsborough et revenant, une course de quatre kilomètres coïncidant avec la marée haute. L’événement était la toute première sortie publique en canoë-kayak sur la rivière Petitcodiac, considérée comme “très dangereuse” par les habitants de la région. Le don de deux nouveaux kayaks aux Sentinelles a été rendu possible grâce à un don de l’édition de novembre 2002 du Festival mondial du vin de Moncton. En avril 2005, a organisé la toute première descente de deux jours en canoë-kayak sur la rivière Petitcodiac, depuis le cours supérieur de la rivière jusqu’à Salisbury, à la tête de la marée. Enfin, en septembre 2005, elle a organisé la toute première descente de la rivière au centre-ville, une excursion de 10 km en canoë-kayak du quai public de Moncton au pont-jetée à marée haute, qui a attiré plus de 20 participants.

Désignation de la rivière la plus menacée du Canada (juillet 2003)

À l’été 2003, l’état lamentable de la Petitcodiac ne s’était pas amélioré et, au contraire, les efforts des Sentinelles pour documenter systématiquement toutes les infractions environnementales majeures et rechercher des solutions ne faisaient qu’accentuer l’urgence d’agir et de sauver la rivière (notre première percée importante allait se produire en septembre 2003 – victoire devant le tribunal de l’enfouissement riverain, et même cette décision allait prendre sept ans de plus pour être mise en œuvre). En juillet 2003, cependant, Earthwild International et Wildcanada.net ont désigné la Petitcodiac comme “la rivière la plus menacée du Canada”, une histoire qui a retenu l’attention régionale, nationale et internationale : le Globe & Mail, le site web du National Geographic et tous les principaux médias d’information du Nouveau-Brunswick. En 2002, la Petitcodiac avait été désignée deuxième rivière la plus menacée du Canada dans la toute première édition de cette liste. Mais si cette désignation a contribué à galvaniser le soutien local et national à la cause, les problèmes de la rivière étaient loin d’être terminés.

Évaluation environnementale sur l’avenir de la Petitcodiac (avril 2004)

Les Sentinelles ont participé activement à l’évaluation environnementale (ÉE) de 5 millions de dollars sur l’avenir du pont-chaussée de la Petitcodiac, en fournissant des commentaires détaillés tout au long de 2002, 2003 et 2004 afin de souligner toute omission, de partager ses recherches et de corroborer les preuves qui appuyaient l’option du ” pont partiel “. Lors d’un important atelier technique sur le passage des poissons en avril 2004, les experts qui dirigent l’EA ont présenté des preuves scientifiques concluantes, après avoir effectué des recherches approfondies sur diverses installations de passage des poissons dans le monde, que seul un écoulement libre (ouverture permanente des vannes ou remplacement du pont-chaussée par un pont partiel) permettrait le passage sans entrave des poissons au pont-chaussée de la Petitcodiac. Cette recherche scientifique sans précédent (qui a coûté plusieurs millions de dollars) a confirmé ce que les Sentinelles et les précédents militants de la restauration de la rivière avaient travaillé pendant près de 40 ans à démontrer.

Série Renaissance – 1 (avril 2004)

A dirigé la création de la série d’affiches en quatre parties sur la Petitcodiac Renaissance, explorant les possibilités associées à la restauration de la rivière. La première affiche : Tidal Bores of the World, présentait un projet visant à ressusciter l’attraction du Mascaret Petitcodiac, autrefois mondialement connue, une fois la rivière restaurée. Un parallèle a été fait avec la rivière Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse, où, depuis la fin des années 1990, des milliers de personnes utilisent le mascaret en zodiac chaque été, une activité qui génère plus de 10 millions de dollars par an en bénéfices locaux. On a également prédit que les surfeurs surferaient un jour dans le mascaret de la Petitcodiac, comme ils le font en Angleterre et en France, une image qui a suscité soit l’excitation des jeunes, soit des éclats de rire hystériques chez les autres.

Événement Robert F. Kennedy (avril 2004)

Organisation d’une conférence avec Robert F. Kennedy à l’école secondaire de Moncton, à laquelle ont assisté 600 personnes, où il a prononcé un discours passionné exhortant la communauté à adopter le projet de restauration de la rivière historique. A également organisé une réception de gala à l’hôtel de ville de Moncton avec le maire et un certain nombre de personnalités politiques locales (la même ville et le même maire que nous avions traîné en justice pour l’affaire de la décharge entre 2002 et 2003… !) Kennedy a juré de retourner surfer sur la Petitcodiac une fois la rivière restaurée.

Série Renaissance – 2 (avril, 2004)

La deuxième des quatre affiches de la série Petitcodiac Renaissance a été dévoilée lors d’un gala à l’hôtel de ville de Moncton, par Robert F. Kennedy, Jr. L’affiche, intitulée Le Monument, présentait un projet visant à recycler les portes du pont-chaussée en une grande sculpture publique (de type Stonehenge) une fois le pont-chaussée démantelé. Un projet de texte en anglais et en français pour une plaque commémorative décrivant la campagne de restauration a également été rédigé. Le projet a suscité l’imagination de nombreux membres de la communauté locale et est toujours en cours.

Déclarations sous serment des pêcheurs (mai 2004)

Avec l’aide de Lake Ontario Waterkeeper et d’étudiants en droit de l’Université de Toronto, a préparé et déposé six affidavits sous serment dans le cadre du processus d’EIE de la Petitcodiac, soumis par des pêcheurs chevronnés qui ont pêché dans la rivière Petitcodiac avant la construction du pont-chaussée. C’était la première fois qu’un témoignage sous serment était soumis comme preuve dans l’affaire du pont-chaussée.

Série Renaissance – 3 (juin, 2004)

Produit et dévoilé The Wall, la troisième affiche de la Renaissance Petitcodiac, un projet visant à transformer le site d’enfouissement des berges en une plateforme d’observation de la rivière. Le projet a été inspiré par le travail de l’architecte André Boudreau, qui a conçu ce concept alors qu’il complétait son diplôme d’architecte à l’Université Dalhousie de Halifax.

Série Renaissance – 4 (juillet 2004)

Produit et dévoilé Unforgettable Fire, le dernier volet de la série d’affiches Petitcodiac Renaissance en quatre parties. Ce concept suggérait à la communauté de commémorer l’ouverture du pont-chaussée en organisant un grand feu d’artifice et un concert, un événement qui générerait plus de 10 millions de dollars de bénéfices au cours de ce week-end historique. Le projet est toujours en cours, et il est prévu qu’une grande fête communautaire ait lieu avec l’achèvement du pont partiel. En 2012, deux ans après l’ouverture des portes du pont, on m’a demandé de produire une vision révisée de ces concepts. Le document s’intitule le Plan de la renaissance de la Petitcodiac et contient dix priorités, dont quatre sont écologiques et six sont des recommandations pour que la région tire le maximum d’avantages économiques et sociaux du projet de restauration de la rivière.

Projet de conservation des terres et d’accès aux rivières (septembre 2004)

Les Sentinelles ont lancé un projet de recherche sur la conservation du littoral dans le but d’augmenter la superficie des terres riveraines protégées par des servitudes de conservation dans notre bassin versant. Un financement partiel a été obtenu par l’intermédiaire d’Environnement Canada. La cartographie du bassin versant a été réalisée en partenariat avec le Groupe de surveillance du bassin versant de la Petitcodiac. Une brochure éducative et une section du site web ont été produites. Des réunions ont eu lieu avec les propriétaires fonciers potentiels et les principales organisations de conservation de la province. Un des objectifs du projet était de créer plus d’accès publics à la rivière, un objectif qui continue d’être promu aujourd’hui.

Commémoration de la bataille de la Petitcodiac (septembre 2005)

Les Sentinelles ont organisé et co-organisé, avec Terry Dixon-Parker, membre du conseil d’administration, l’événement “Voices from the Marsh” à Hillsborough, le 2 septembre, pour commémorer le 250e anniversaire de la “Bataille de la Petitcodiac”, impliquant des milices armées acadiennes et françaises et des troupes britanniques, au cours de laquelle 24 soldats anglais (américains) ont péri. L’église baptiste historique de Hillsborough a été remplie pour cet événement qui a rassemblé des chœurs acadiens et anglophones et des peuples francophones et anglophones des “deux côtés de la rivière”.

Rapport final de l’évaluation des incidences sur l’environnement (octobre 2005)

En octobre 2005, l’option consistant à restaurer le “plein débit de la marée” au niveau du pont-chaussée de la rivière Petitcodiac (remplacer le pont-chaussée par un pont partiel) a été recommandée comme l’option privilégiée dans le rapport final de l’évaluation environnementale (EE) de 5 millions de dollars. La recommandation coûterait environ 68 millions de dollars (révisée depuis à plus de 80 millions de dollars), signifierait la fin du bassin artificiel et restaurerait finalement la rivière Petitcodiac à plus de 80 % de son état initial. Sentinelles Petitcodiac a soumis des commentaires détaillés pour appuyer les conclusions de ce rapport d’évaluation environnementale de 2 386 pages. Les résultats de cette recherche scientifique ont fait œuvre de pionnier au Canada et pourraient avoir des répercussions directes sur les barrières de marée de la baie de Fundy, qui ont eu des effets dévastateurs similaires sur les écosystèmes et le passage des poissons.

En novembre, après un débat vigoureux, le conseil municipal de Moncton et le conseil du village de Hillsborough ont voté en faveur de la recommandation du rapport d’EIE d’ouvrir la chaussée. Par la suite, neuf des dix municipalités du bassin versant ont appuyé la restauration de la Petitcodiac. La ville de Riverview, malgré son engagement à appuyer les conclusions finales de l’EIE en octobre 2002 et de nouveau en juin 2003, a tourné le dos à sa promesse et a repris son combat contre la restauration de la Petitcodiac.

Rise Again, Petitcodiac (novembre 2005)

Les Sentinelles ont fait des recherches, ont corédigé et produit un rapport spécial de 16 pages sur la rivière intitulé “Rise Again, Petitcodiac/Une rivière renaît”. Plus de 50 000 exemplaires de cette édition souvenir ont été imprimés et distribués dans tout le bassin versant. La publication a également été utilisée comme outil éducatif dans les écoles et autres présentations publiques. Le rapport spécial a été mis en ligne à l’agence de presse Canadaeast.com pendant une période d’un an.

Affiche sur les espèces marines (novembre 2005)

Les Sentinelles ont effectué des recherches et dirigé la production d’une affiche éducative sur les espèces marines de la rivière Petitcodiac, mettant en valeur les poissons, les mammifères marins et les espèces de moules d’eau douce du bassin versant. L’affiche a fourni une base historique des espèces marines de la rivière qui existaient avant le pont-chaussée, la situation actuelle (en voie de disparition) et la probabilité de rétablissement de l’espèce. Plus de 50 000 exemplaires de l’affiche ont été imprimés, insérés dans le rapport spécial et distribués dans l’ensemble du bassin hydrographique. Des exemplaires supplémentaires de l’affiche ont été imprimés en 2009. Les prévisions de rétablissement figurant sur l’affiche se sont avérées exactes.

Promesse électorale de restaurer la Petitcodiac (août 2006)

Sentinelles a sollicité l’avis de tous les dirigeants politiques et des partis qui se présentent aux élections provinciales de 2006 afin qu’ils s’engagent à respecter la recommandation de l’EIE visant à rétablir le plein débit de la rivière. Malgré de nombreuses tentatives, le Lord Government (Conservateurs) n’a pas répondu. Le chef libéral Shawn Graham, qui allait remporter l’élection, a accepté et s’est rendu à Moncton pendant la campagne pour annoncer que son gouvernement allait tenir sa promesse de restaurer la Petitcodiac.

Requête devant la Cour Mandamus (juin 2007)

Dix-huit mois après que le rapport d’évaluation environnementale ait recommandé la restauration de la rivière Petitcodiac et sans qu’aucune annonce de projet ne soit en vue, Sentinelles Petitcodiac a entrepris au printemps 2007 de mettre en œuvre sa stratégie de soutien juridique qui avait été élaborée quelques années auparavant. Sous le leadership du président des Sentinelles Michel Desjardins et avec l’aide de Renée Morel, membre du personnel, de Noël Corriveau, étudiant en droit, et de Michel Doucet, professeur de droit à l’Université de Moncton, une demande de mandat a été déposée en cour fédérale en juin 2007 pour obliger la province (propriétaire du pont-chaussée) à entreprendre le projet estimé à 80 millions $ visant à restaurer le plein débit de la Petitcodiac. Des semaines de négociations plus tard, le nouveau gouvernement provincial a honoré sa promesse électorale en annonçant en août 2007, devant une foule de partisans enthousiastes, le choix de l’option qu’il préférait (pont partiel). En juillet 2008, un premier montant de 20 millions de dollars a été investi pour lancer le projet (plus tard porté à 40 millions de dollars).

Colonnes spéciales, ouverture des vannes du pont-chaussée Petitcodiac (14 avril 2010)

L’investissement initial de 20 millions de dollars (porté par la suite à 40 millions de dollars) devait couvrir la phase 1 (préparatifs) et la phase 2 (ouverture des portes et surveillance) du projet de restauration. Les négociations avec le gouvernement fédéral conservateur Harper pour achever la dernière phase 3 (démantèlement d’une partie de la chaussée et construction d’un pont partiel – estimé à 40 millions de dollars) ont déraillé en 2008 et 2009 en raison de l’influence du lobby anti-rétablissement de la rivière qui a tenté de renverser la décision. D’énormes pressions ont été exercées sur la province par des propriétaires terriens en colère vivant le long du bassin artificiel, notamment une injonction de dernière minute du tribunal et une motion législative des membres de l’opposition provinciale en mars 2010, qui ont toutes deux été rejetées.

Pendant une période de cinq semaines à l’hiver 2010, Sentinelles est intervenue pour donner une dernière impulsion à la cause, en publiant dans les journaux locaux anglais et français une série de cinq colonnes décrivant l’importance historique du projet de restauration, afin de contrer la rhétorique incendiaire livrée dans les médias provinciaux par les opposants. Ces colonnes ont été très bien accueillies par le nouveau gouvernement provincial et les partisans de la rivière qui souhaitent ardemment que l’histoire de la restauration de la rivière prenne une tournure positive. Plusieurs semaines plus tard, les tristement célèbres portes du pont-chaussée de la Petitcodiac ont été ouvertes le matin du 14 avril 2010, devant une foule de centaines de manifestants en colère et acclamant le projet. Ce geste a mis fin à près de 44 ans de conflit amer et conflictuel dans la région, a sauvé la Petitcodiac et a permis d’entreprendre l’un des plus grands projets de restauration de rivière et de poissons au monde.

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