PROGRÈS DEPUIS 2010

Quelques mois après l’ouverture des vannes du pont-chaussée, des centaines de milliers de poissons ont migré avec succès vers le cours supérieur de la rivière Petitcodiac, le chenal de la rivière a doublé en largeur et le mascaret, qui avait presque disparu, a commencé à se rétablir de façon tout à fait miraculeuse. La Petitcodiac Fish Recovery Coalition (PFRC), initialement présidée par les Sentinelles, a commencé à documenter l’étonnant rétablissement et le retour de toutes les espèces de poissons qui avaient autrefois habité le cours supérieur de la rivière, y compris le rare esturgeon atlantique préhistorique et la sous-espèce unique et menacée de saumon atlantique de l’intérieur de la baie de Fundy (qui fait l’objet d’un effort de repeuplement intense depuis 2010). Les pêcheurs récréatifs sont retournés dans les eaux d’amont et ont remarqué un changement immédiat et remarquable – permettant ainsi à une nouvelle génération de reprendre leur tradition ancestrale de pêche dans des cours d’eau voisins. Les touristes ont également commencé à revenir lentement dans la région pour voir le mascaret reprendre vie.

En juin 2013, pour célébrer la victoire dans l’arrêt d’un projet d’enrochement de 430 000 $ devant le parc historique du Mascaret de Moncton, Sentinelles Petitcodiac a transmis par l’entremise des médias une invitation à la communauté à se joindre à eux sur les berges pour l’arrivée d’un rare mascaret de super lune – soit le plus grand mascaret de l’année. Plus de 2000 personnes se sont présentées et la nouvelle de la résurrection du mascaret de la rivière Petitcodiac a commencé à se répandre. Des surfeurs de Halifax, de France et de Californie se sont rendus à Moncton pour devenir les premiers au monde à surfer sur le mascaret de la rivière Petitcodiac. Les Sentinelles ont codirigé, avec le directeur du tourisme de la ville de Moncton, une édition inaugurale de “semaine de surf du super-mascaret”, à laquelle ont assisté quelque 30 000 spectateurs enthousiastes le long des berges de la rivière. Cet évènement historique a bénéficié d’une vaste couverture nationale et internationale, et les vidéos des surfeurs du mascaret ont été visionnées par des millions de personnes dans le monde entier. Une culture de surf de mascaret a depuis pris racine dans la région.

Étape finale (Construction d’un pont partiel)

Entrée en fonction en septembre 2010, le gouvernement conservateur de David Alward était réticent à mettre en œuvre la dernière étape du projet de restauration de la rivière Petitcodiac, exigeant que la province démantèle et remplace une section de 280 mètres du pont-chaussée par un pont partiel – estimé à 40 millions de dollars. Il n’a pas réussi à négocier et à conclure un accord avec le gouvernement fédéral conservateur de Stephen Harper pour achever la phase finale du projet de restauration, en grande partie en raison des influences du lobby antirétablissement de la rivière dans ses propres rangs. Les effets de cette décision furent notamment les suivants :

  • Non-respect de la directive énoncé dans l’Évaluation environnementale de permettre le rétablissement complet du courant de la rivière aux environs du pont-chaussée de la Petitcodiac ;
  • Défaut d’obtenir les fonds dus par le gouvernement fédéral (estimés à 40 millions de dollars ou plus) pour achever le projet, ce qui pourrait obliger la province du Nouveau-Brunswick à financer elle-même l’achèvement du projet ;
  • Défaut d’éliminer le risque d’inondation causé encore le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac partiellement ouvert pour la région du Grand Moncton ;
  • Défaut d’éliminer les conditions de navigation dangereuses qui affectent actuellement cette section centrale de la rivière ;
  • Défaut d’éliminer tous les obstacles au passage des poissons causés par la turbulence extrême qui se produit autour de la structure des vannes (40 m d’ouverture contre 280 m proposés dans le cadre de la phase 3 du projet de rétablissement – Pont partiel) ;
  • Dépôts continus de sédiments dans l’ancien bassin d’amont, ce qui a des répercussions sur les propriétaires fonciers (la plupart seront naturellement enlevés une fois le pont partiel construit) ;
  • Coûts additionnels en raison des retards dans le démarrage de la phase 3 ;
  • Opportunités économiques et sociales manquées pour les résidents et les entreprises de la région du Grand Moncton et de la vallée de la rivière Petitcodiac.

Les Sentinelles Petitcodiac ont poursuivi leurs efforts, plaidant pour l’enlèvement éventuel du pont-chaussée et la construction d’un pont.

Enfin, six ans plus tard, en 2016, le premier ministre Brian Gallant et le ministre fédéral des Pêches et Océans Dominic LeBlanc ont annoncé qu’un pont de 61,6 millions de dollars serait construit sur la rivière Petitcodiac pour remplacer le pont-chaussée. Le projet, qui a débuté en 2017, devait être terminé à l’automne 2020, mais son achèvement a été retardé. Le pont est actuellement en construction et devrait être complété à l’automne 2021. En savoir plus.

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